Les secrets de fabrication d’une couette en laine

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Comment fabriquer une couette en laine ? Nous vous proposons une visite dans notre atelier de confection, en images, en textures et en couleurs, pour mieux comprendre comment nous fabriquons nos couettes, appelées également couvertures piquées (et vous comprendrez pourquoi au fil de la lecture). Nous utilisons une machine à coudre grand format, mais traditionnellement, les couettes étaient réalisées à la main, avec les moyens du bord, de la patience et de longues soirées dédiées à la couture.

 

 

Les fournitures : du tissu serré et une nappe de laine cardée

 

Les tissus utilisés pour la fabrication de couettes en laine doivent être assez serrés pour empêcher la sortie des fibres de laine. Il est préférable d’utiliser un tissu coton genre percale, choisi parmi les tissus d’ameublement en grande largeur.

La laine doit être choisie sur les toisons des moutons de race genre Texel qui ont une laine très gonflante. D’autres races se prêtent à cette fabrication, mais il faut éviter les races de moutons avec du jarre qui traverserait le tissu. Les nappes devront peser de 300 g/m2 (pour une couette légère) jusqu’à 500 g/m² (pour une couette très chaude).

Les fils à coudre seront choisis parmi des fils de coton très solides.

 

La coupe du tissu qui enveloppe la laine

 

Pour une couette de 200 cm x 200 cm, il faudra couper les deux longueurs à la fois, soit 420 cm x 210 cm. Le surplus étant calculé pour faire le gonflant de la couette. Attention, si votre tissu est moins large que 210 cm, il faudra rajouter des bandes de tissus de chaque côté de la bande centrale, un seul rajout d’un côté est peu esthétique. Compter toujours au moins 1,5 cm de couture à chaque côté. Il faut impérativement enlever les lisières qui ont tendance à tirer sur les tissus.

Repasser les coutures à plat si nécessaire et plier le tissu en deux.

 

Le traçage des motifs de la couette

 

Si vous utilisez un coton couleur foncée, vous pouvez tracer avec une craie blanche fine sans trop appuyer. Si vous utilisez un coton de couleur claire, pas de craies de couleur, cela ne part pas en frottant par la suite. On utilise un crayon à papier fin sans trop appuyer également.

À la pliure, la première couture sera à 5 cm. Sur les 2 côtés « lisière », on tracera à 6 cm et en bas de la couette à 7 cm.

Puis, on fera des rectangles à 20 cm de part et d’autres. On peut évidemment faire des dessins originaux en sachant que plus il y aura des piqûres, moins la couette sera aérée, souple et donc chaude. Chaque couture est un « pont » thermique. Les anciennes couvertures piquées étaient comme cela très cousues et donc moins souples.

Le garnissage de la couette

 

Pour que les coutures ne fassent pas de plis, vu les longueurs de tissu, il faut bien tendre les 2 tissus dans lesquels on va « fourrer » la nappe de laine.

Autrefois, les femmes tendaient manuellement les tissus et la laine sur des cadres spécialement conçus pour cela.

Sur la machine dite « Sauterelle », vieille machine datant des années cinquante, les deux tissus sont accrochés à la couture ou à la pliure sur un rouleau en bois avec des épingles.

On enroule les tissus sur le rouleau, puis on accroche au bout chaque tissu sur un rouleau différent, ce qui forme un cadre. Les tissus sont ensuite réenroulés sur le premier rouleau en bois.

On va ouvrir les 2 tissus avec l’aide des poids placés au plafond et mettre la nappe de laine qu’on aura préalablement égalisée. On enlève les plis, les brins de paille qui restent. On rabaisse le cadre du haut et son tissu. On tend très fort en tournant les rouleaux au plus tendu et également sur les côtés avec des sangles.

 

Le piquage de la couverture “piquée”

 

La « Sauterelle » a une tête libre et est placée sur des rails. On se déplace sur chaque côté du cadre avec le siège sur lequel on est assis, avec le bras gauche et le pied gauche. La main droite sert à guider la tête et le pied droit sert à faire fonctionner le moteur. On pourrait dire qu’on « conduit » la machine, un peu comme une voiture !

 

Le plus délicat du travail commence. Pas de régulation mécanique, pas d’informatique, ce n’est que le doigté de l’exécutante qui fait la régularité. Le plus important étant de ne pas donner d’à coup. Le pied droit doit s’accorder avec la main droite qui dirige la couture. La couture est faite de vaguelettes afin d’éviter les plis, cela réparti mieux le tissu. Une fois la couette finie et détendue, les vaguelettes sont presque invisibles.

On peut coudre avec des piqûres droites pour faire des dessins spéciaux, mais cela demande une bonne dextérité.

Les fils sur le dessus sont coupés et les traçages effacés soit à la brosse à tableau pour la craie, soit à la gomme si c’est du crayon.

Le cadre n’est pas plus grand que 60 cm de large, donc une fois piqué les 60 cm, on déroule les tissus et on enroule ce qui est déjà fait. Et on retend bien sûr.

Les raccords de piqûre doivent être soignés. Pour une couette de 200 x 200 cm, l’opération est répétée 4 fois. Pour une couette de 140 × 200 cm, 3 fois.

À la fin, on détend et enlève toutes les épingles. La couette prend toute son ampleur une fois détendue du cadre.

 

Les finitions : fermer la couette

 

Les finitions consistent à enlever les surplus de tissus et de laine cardée. Puis on replie les tissus sur les bordures, on épingle partout. C’est une opération qui n’est pas si facile que ça. Les tissus ne sont jamais tendus pareil et les écarts peuvent être importants.

Pour éviter de faire des plis, le côté en face de la pliure ou de la couture des tissus, est commencé au milieu pour mieux répartir les tensions. Comme quoi, tout est affaire de tensions…

Voilà, c’est fini, il n’y a plus qu’à tester la couette, tout seul, à deux ou en famille !

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