Tissons la laine! Tissons des liens!

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«Je n’aurais jamais cru qu’il faille autant d’étapes pour fabriquer un pull!» Les gens nous le disent souvent après leur visite à la Filature de Chantemerle. C’est la réalité: depuis le tri de la laine, le lavage, le cardage, le filage, le tricotage et la confection jusqu’à la vente, il y a une dizaine de métiers à connaître.

Et nous faisons des pulls, des tissus, des couvertures, des chaussettes… Il n’existe pas beaucoup d’autre endroits où sont élaborés tant de produits différents sous un même toit. Cela donne donc une multitude de choses à apprendre.
Bien sûr, nous avons eu quarante ans pour découvrir et apprivoiser petit à petit tous ces métiers. Maintenant c’est le moment de passer le relais aux plus jeunes et, depuis quelques années, nous consacrons beaucoup de temps et d’énergie pour essayer de les accompagner vers une autonomie.

Les approches sont très différentes: ceux qui aiment se dépenser physiquement peuvent commencer par le lavage de la laine et des tissus ou le foulonnage. Ces dernières années s’est constituée, dans ce domaine, une équipe qui reflète bien la diversité longomaïenne: y participent aussi bien des personnes des coopératives françaises de Limans (Provence) ou de la Cabrery (Luberon) que d’Ulenkrug dans le nord de l’Allemagne, ainsi que des amis venus d’autres collectifs avec lesquels nous développons de plus en plus d’échanges.

Des apprentis opiniâtres

Ceux qui préfèrent la couture débutent à l’atelier de confection. Pour cela il faut plusieurs mois et beaucoup de patience uniquement pour dompter les surjeteuses. Ce sont des machines spéciales pour coudre le tricot extensible, des machines industrielles conçues pour aller très vite. Or c’est uniquement quand on sait les manipuler pour coudre lentement qu’on est capable de faire de belles choses.
Le plus souvent nous commençons l’apprentissage par la confection de bonnets coupés dans les chutes de  tricot de la fabrication des pulls. Même s’ils ont de petits défauts, ils sont très appréciés chez nous.
Le cœur de la filature est le cardage et le filage; ce sont les étapes les plus difficiles à maîtriser. Malgré leur grande taille, les cardes sont des machines délicates à manipuler et il faut surtout acquérir de l’expérience : estimer quelle laine conviendra pour quel produit, comment régler les machines pour que le fil soit vraiment adapté aux transformations prévues.
Comme nous travaillons la laine de différents éleveurs de petits troupeaux, nous devons souvent changer les réglages. Il est intéressant de remarquer que cela ne se fait pas dans la grande industrie, qui préfère des grands lots de laine très homogènes d’Australie ou de Nouvelle-­Zélande.
Et puis il y a le tissage, les couvertures, les chaussettes. Pour ces dernières, la machine montre malheureusement des signes de vieillesse.
Pour faire fonctionner le tout, on a aussi besoin de mécaniciens, de tourneurs, d’électriciens, de bricoleurs,
de comptables, de vendeurs… On s’ennuie donc rarement.

Des compétences très diverses sont nécessaires

Comme personne ne peut apprendre tout cela en même temps, nous avançons à petits pas et surtout dans un
esprit collectif. Le but est que toutes les tâches soient partagées à plusieurs et que chacune et chacun ait une idée
de l’ensemble.
Récemment, nous avons initié d’autres formations pour des gens extérieurs à Longo Maï: lors des luttes contre le puçage des animaux, nous avons rencontré un collectif d’une dizaine de bergers de la région de Forcalquier. Ces jeunes élèvent des troupeaux de races de moutons différentes et tous s’intéressent à transformer leur laine. Ils ont déjà fait façonner des produits dans d’autres ateliers, pourtant ils aimeraient mieux le faire eux-mêmes, du moins en partie, et de préférence avec nous. Nous avons choisi de commencer par des couvertures piquées.
À l’atelier du Pigeonnier à Limans, en Provence, nous avons une «sauterelle», une machine qui permet d’assembler des nappes de laine cardée avec des tissus extérieurs en coton pour confectionner des couettes. Les filles de «La Sarriette» viennent régulièrement pour des stages de quelques jours et sont déjà reparties avec leurs premières couvertures qu’elles vendent pour l’instant autour d’elles et à leurs amis; elles prévoient évidemment d’élargir la vente bien plus loin.
La relève est en route!

Eva

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